Damasquinage

Damasquinage est en réalité un terme impropre. On devrait parler de feuilletage. L’acier damas a une longue histoire. Apparu avant l’ère chrétienne en Inde (le wootz), il fut déjà utilisé par les Mérovingiens, les Carolingiens et les Vikings pour ses propriétés mécaniques et esthétiques, avant de décliner en Europe vers 1000.

La première croisade (1095) en relance sa réputation d’invincibilité, les armées islamiques porteront leurs armes légendaires en wootz à leur quintessence contre les armures des chevaliers, de là vient son nom (découvert sur les chemins de Damas). Puis l’utilisation du damas sera limitée pendant des siècles à quelques armes de prestige, avant de connaître un nouvel essor à la fin du XXème siècle au Japon et aux Etats-Unis.

Exemple pour les couteaux Kasumi : après la première couche de VG10, on recouvre celle-ci de deux aciers différents comme un manteau, ceci se fait par bloc de 8 couches. On obtient 16X2 = 32 couches (on ne compte que les couches paires ou impaires, pas les deux sinon cela fait 64 couches). La façon dont se passe cette opération délicate est un secret de fabrication. A ce stade, l’œil ne discerne pas encore les différentes couches y compris celle en VG10. C’est l’aiguisage qui va faire apparaître cette dernière, qui est polie. Puis, on sable à l’acide pour faire apparaître les deux autres couches, celle avec et celle sans carbone ; l’acide attaque l’acier doux et dur différemment ; cette opération n’interfère pas sur le VG10 qui est tellement dur que sa structure n’est pas attaquée. Le processus total est très long, en tout chaque pièce est prise en mains 620 fois. Cela est encore plus vrai sur les damas 100% artisanaux.