Publié le

Koya-san, le Japon sacré et l’automne rouge

Pont Japonais dans un jardin
Le tourisme au Japon est en plein essor. Les visiteurs sont sous le charme de ce pays où règne quiétude (loin de l’agitation française à répétition qui gâche la spiritualité de Noël chaque mois de décembre…) et nature sacrée.
Une des destinations la plus prisée est la ville de Kyoto et en automne particulièrement la région du Kansaï en-dessous d’Osaka. S’y pratique le momijigari, la “chasse au flamboiement des feuilles rouges”. Le terme momiji désigne l’arbre, l’érable japonais en général, parfois le gingko. On utilise également le terme kôyô (littéralement feuille rouge), pour désigner la feuille qui change de couleur. Cette période automnale fait écho au printemps où ce sont les cerisiers en fleurs qui bercent les regards. A Kyoto le temple Kiyomizu-dera et le Tofuku-ji, spectaculaire jardin composé essentiellement d’érables (où les photographies d’arbres sont interdites), sont particulièrement attrayants en automne.
Au sud-est d’Osaka, le Kôya-san est une montagne sacrée qui est l’épicentre du bouddhisme japonais avec plus de 110 temples (il y a plus de 76.000 temples au Japon à peu près autant d’édifices religieux qu’en France), qui accueillent les pèlerins y passant une ou plusieurs nuits de recueillement chez les moines. C’est au IXème siècle que le moine Kukaï, de retour de Chine, y établit le premier sanctuaire. Départ d’une religion aujourd’hui pratiquée par les 2/3 des Japonais (au Japon le bouddhisme se superpose au shintoïsme d’origine, une religion n’est pas considérée comme devant être exclusive, ce qui amena à de nombreuses incompréhensions lorsque les Européens voulurent imposer la leur – ils furent massacrés…). On dit que Kukaï repose dans l’immense cimetière aux 200.000 pierres tombales attenant. Son esprit quant à lui, résiderait dans un mausolée où depuis 1000 ans brûle un feu à sa mémoire, sans interruption. Pour accéder au sommet de la montagne il faut emprunter un train depuis Kyoto ou Osaka, puis un téléphérique.

Au bas du Koya-san se trouve la ville de Sakaï, une des cinq capitales du couteau (voir ci-dessous). C’est le gros centre avec Seki, plus au nord dans la province de Gifu. De Sakaï viennent les couteaux Haiku Pro et Haiku Itamae de Chroma. Ce ne sont pas les plus vendus, le gros de la production vient de Seki, ville qui dès l’origine s’est orientée vers l’export. Les couteliers de Sakaï essaient de rattraper leur retard mais buttent sur des contraintes fortes en matière de prix car ils ne sont pas compétitifs.

Sakaï est une belle ville baptisée “Venise d’Asie” par les premiers Européens à la visiter, où se trouve le Nintoku Tennô-ryo, un tertre funéraire en forme de serrure vu du ciel, qui figure parmi les plus imposantes sépultures au monde, renfermant les restes de l’empereur Nintoku du IVème siècle. Le kofun est domaine impérial.