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Les couleurs du Japon KURO by Kasumi

KURO by Kasumi

Avec la gamme KURO, le visionnaire Kasumi a une nouvelle fois créé, bien avant tout le monde, un concept en résonance avec ses racines. Le concept

Concept Kuro Photo Principale

KURO by KASUMI c’est un double contraste lame brillante / manche mat décliné en 5 couleurs représentatives choisies en fonction de leur authenticité et rapport à la nature :

  • le noir
  • l’acajou
  • la couleur nature
  • souris / bague noire
  •  souris / amarante

 

La différence des couleurs à travers le monde

Le violet

Vous savez certainement que les couleurs ne sont pas perçues pareillement de par le monde. Il paraît que sous l’Ancien Régime nos yeux ne discernaient pas le violet, mélange de bleu et de rouge. Tardivement au XVIIème siècle on commence à mélanger de l’acide carminique issu de cochenilles, au bleu. Ce qui donna une sorte de violet rouge. Aujourd’hui encore, Anglais et Américains, qui ont connu une autre histoire industrielle, ne voient pas le violet comme nous. “Violet” s’utilise exclusivement pour le violet de l’arc-en-ciel. Eux voient purple, pourpre. Rappelons-nous la pochette et les vêtements du disque Purple Rain de Prince, c’est un violet plus rose et moins bleu que le nôtre, des nuances allant du lilas au magenta. “Pourpre, le ciel à l’aube“, chantait Prince. Tant qu’on est dans la musique : Deep Purple, qui ne veut rien dire non plus en français. En France pourpre est un rouge violacé ; la pourpre cardinalice, rappelant symboliquement le sang versé par le Christ, s’opposait de facto au violet-mauve, marque de pénitence des religieux catholiques.

Au Japon le violet, murasaki, a longtemps été l’apanage de l’élite. En l’an 603 le Japon instaura un système de couleur en fonction du rang social. Il était basé sur les mérites de chacun. Chaque rang était identifié par une coiffe en soie à la couleur particulière qui lui était exclusivement réservée et interdite à tous les rangs inférieurs. Au plus haut rang la couleur était “murasaki”. Un violet pourpre qui provient de la racine d’une plante dénommée ainsi. Ce système de couleur statutaire disparaîtra 300 ans plus tard où s’impose le vêtement de saison. Mais le violet restera dans l’imaginaire comme une couleur noble.

Le bleu

La seconde couleur de rang. Les bleus sont aussi perçus différemment. Le bleu de France de notre drapeau et bleu outremer ne sont pas des bleus de Prusse. Dans la langue russe le mot bleu n’existe pas, c’est soit bleu foncé, soit bleu ciel (l’azurri italien, plus clair que blu). Les Américains se distinguent avec leur Navy = bleu marine. Pour les Japonais le drapeau français, c’est un genre de violet. Bleu, ao” ou “aoi”, désigne une couleur entre bleu et vert, l’indigo naturel. Un arbre sera “ao” et le ciel aussi. Un ciel vert donc ! D’ailleurs l’eau est-elle bleue, ne serait-elle pas plutôt turquoise, mélange de bleu et de vert ?

Le rouge

Kasumi Kuro manche Gris Rouge
Kasumi Kuro manche Gris Rouge

Le rouge japonais (voir logo Kasumi ou le drapeau du pays) est aussi différent du nôtre, légèrement orangé. Un renard ou une chevelure au Japon, c’est rouge, pas roux, roux pour eux c’est orange. Le rouge au Japon n’est ni écarlate, ni carmin. Mais bordeaux clair. On l’appellerait rouge amarante, un mélange de bleu et de rouge. Ceci vient du fait que cette couleur au Japon fut produite autrefois avec une cochenille japonaise, qui donne cette couleur amarante.

 

Pourquoi ces différences

Ces différences viennent de loin. La couleur, en gros c’est tout le spectre de la lumière. Dans les années 1670 Isaac Newton prouve que la lumière (blanche) est un mélange de différentes couleurs. Ce qui donne naissance aux 7 couleurs de l’arc-en-ciel : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orange, rouge. On rajoutera noir, blanc, gris et marron. Ce modèle longueur d’onde s’imposera comme base des couleurs. Or le Japon à cette époque est complètement replié sur lui-même (jusqu’à ce que les Américains le forcent à s’ouvrir en 1842). Le pays a continué à regarder les choses à l’ancienne, c’est à dire d’après le spectre de la nature qui est beaucoup plus vaste (l’oeil humain perçoit un million de couleurs). Au Japon, le lien vers la nature a toujours été plus fort qu’en Europe. L’inspiration artistique en sus reposait au Moyen-Age sur des peintures religieuses aux couleurs pures, non mélangées, et célestes (voir vitraux). On peut dire que la religion a indirectement freiné l’essor artistique en Occident. 

Du coup le Japon utilise plus de techniques, plus de pigments et plus de vocabulaire. Ce qui lui a donné un avantage culturel énorme vis-à-vis de nous en impression, photographie,… “Vieux rose” y est un “gris + rose”, les mélanges y sont très appréciés. Un exemple au travers de ce que nous avons dénommé manche gris/rouge dans la collection KURO by KASUMI. Le gris se dirait souris au Japon et le rouge amarante serait plus proche de leur vision de la couleur. Il existe plusieurs nuances de souris. Aussi le manche n’est pas “uni”.

Le couteau KASUMI

La première collection KASUMI KURO n’était qu’en manche noir/noir, puisant ses racines dans le monde minéral, avant d’étendre au floral et à l’animal (le principal point commun aux couleurs japonaises c’est leur lien à la nature dont sont issus colorants et pigments, de nombreuses dénominations font référence à un animal, une fleur, ou une plante). Le noir se dit Kuro, et s’écrit 黒 (qui représente une flamme sous de la suie). Kuro s’emploie pour quelque chose de particulièrement foncé, sans être forcément noir. Par exemple, kurozatô (黒砂糖) est le sucre brun (en tant qu’adjectif utilisé aussi pour bronzé). Il y a aussi le pur noir (makuro), le chêne noir (un brun très foncé), le noir encre (tirant vers le brun), le noir corbeau, aile de corbeau (vers le bleu), plume de corbeau mouillé (noir mat) et plus noir que noir, yakenonokarasu, littéralement : corbeau brûlé !

Comme on parle de couteau de cuisine, cinq teintes sont proposées dans l’esprit Washoku (harmonie des mets). Washoku, c’est la transposition de la philosophie chinoise des cinq éléments à l’assiette : go mi (les 5 goûts), go shiki (5 couleurs dans l’assiette) et go ho (5 façons de préparer), à laquelle il faut encore rajouter le concept de manger avec ses 5 sens, go kan. KURO est un vrai concept, pas juste un produit. 

Enfin, dernière pensée qui se retrouve dans le produit, dans la langue des samouraï cela signifie : une âme noire. C’est comme chez nous quelqu’un “qui n’est pas tout blanc”.  Car les samouraï n’étaient pas que des héros, loin s’en faut.

Le saviez-vous ?

Le noir a pour effet de faire paraître les objets plus petits que le blanc… et ceux qui le portent plus minces. C’est la raison pour laquelle la pierre de go utilisée dans le jeu de go est 0,33 cm plus grande en noir (22,2 mm) que la blanche (21,9 mm).